La réforme au fil de l'eau

Article mis en ligne mi décembre 2019

RAPPEL DES DERNIERS ELEMENTS DU DOSSIER :

Si la publication du rapport Delevoye expose un nouveau système de retraite, il demeure très théorique et les données publiées ne permettent pas d’apprécier pour chacun les conséquences du changement annoncé.

L’UNSA insiste sur une phase de transition longue comprenant des garanties pour les 10 ou 15 premières générations concernées par le projet de réforme et permettant d’ouvrir une négociation sur les carrières à plus long terme.

Lire : le flash info sur la position de l'UNSA sur la réforme des retraites

Les retraites : une réforme systémique dont l’UNSA ne voulait pas !

Le gouvernement a présenté ‘son’ analyse de la réforme des retraites visant à unifier dans un régime universel par points, l’ensemble des actuels 42 régimes de retraites existants. Alors que les précédentes réformes des retraites n’ont pas encore produit tous leurs effets, le gouvernement remet le sujet en débat et devrait soumettre au parlement un projet de loi au cours du 1er semestre 2020.

Lire : l'avis de l'UNSA Défense sur la réforme des retraites 

DEPUIS : mercredi 11 décembre 2019, après des mois de ter­gi­ver­sa­tions, le Premier minis­tre vient de dévoi­ler l’archi­tec­ture glo­bale de la réforme des retrai­tes

Pour l’UNSA : Des avancées insuffisantes, une ligne rouge  inacceptable.stop avec la main

Quelques-unes des mesu­res annon­cées aujourd’hui sont à mettre au crédit de notre action, basées sur des pro­po­si­tions de l’UNSA.

L’UNSA a défendu l’inté­rêt de l’ensem­ble des sala­rié·es et prend acte des évolutions pro­po­sées :

  • La première génération concernée par le régime universel sera celle née en 1975. Pour autant, les générations suivantes ne doivent pas être oubliées. Ces 12 années gagnées par rapport au projet initial, à mettre à l’actif de l’action de l’UNSA, laisseront ainsi le temps nécessaire pour améliorer les carrières, les salaires, la qualité de vie au travail de l’ensemble des salariés.
  • Les salarié·es, né·es à partir de 1975, bénéficieront de 100 % de droits acquis dans l’actuel régime. Ce qui est une garantie indispensable en particulier pour celles et ceux qui y ont déjà accompli une part significative de leur carrière.

Cependant, de gran­des incer­ti­tu­des per­sis­tent qui éloignent la sortie de la crise.

  • Sur la Fonction Publique globalement où les annonces ne sont pas à la hauteur, pour la fonction publique hospitalière, territoriale et pour toutes les catégories qui touchent le moins de primes.
  • Sur les mesures de compensation, en particulier pour les enseignants, l’UNSA considère que les annonces d’une revalorisation et d’une garantie de maintien de pension vont dans le bon sens. Il faudra cependant, avant la fin de semaine, que le voile soit levé sur un démarrage très rapide de négociations, sur le volume financier consacré et sa programmation.
  • La prise en compte de la dangerosité de certains métiers n’est toujours pas complètement clarifiée
  • Concernant les régimes spécifiques (RATP, SNCF), le Premier ministre s’il dit avoir entendu la nécessité d’une transition plus longue, renvoie celle-ci à des négociations d’entreprise, sans préciser aucune borne d’âge ni accorder aucune garantie quant au respect du contrat social. Ce flou n’est pas acceptable et ne répond pas aux attentes pourtant claires des salarié·es.
  • Concernant la pénibilité rien de nouveau. Des négociations sérieuses doivent enfin commencer afin de prendre en compte tous les métiers.

Enfin, la mise en place d’un âge pivot à 64 ans en 2027 avec une montée en charge dès 2022 est pour l’UNSA une ligne rouge.
Nous avions pré­venu qu’il ne fal­lait pas mélan­ger une réforme sys­té­mi­que avec des mesu­res d’équilibre finan­cier. Nous n’avons pas été enten­dus sur ce point. Une contrainte sup­plé­men­taire appa­rait pour les par­te­nai­res sociaux, enjoints d’en défi­nir les détails tech­ni­ques.
Ce n’est pas accep­ta­ble.

Nous pour­sui­vrons nos échanges et notre pres­sion auprès de l’exé­cu­tif afin obte­nir de nou­veaux acquis ou de nou­vel­les garan­ties. Notre méthode mêlant négo­cia­tion et mobi­li­sa­tion va se ren­for­cer. Concernant la mobi­li­sa­tion, nous allons en dis­cu­ter avec nos par­te­nai­res.

Dès à pré­sent, l’UNSA se dirige vers une mobi­li­sa­tion plus glo­bale, y com­pris par la grève du mardi 17.12.2019.giguiaphone

 

Lire : notre tract retraites (recto) et notre tract retraites (verso)

Article mis en ligne fin décembre 2019

Retraites : Annonces et cas types 

 annonces et premires estimations

Alors que le Premier Ministre annonce des évolutions de son projet, le gouvernement a mis en ligne les premières estimations de pension entre les deux systèmes. L’UNSA Fonction Publique les a regardées avec attention. Attendues depuis près d’un an, ce sont des premières approches, qui méritent toutes d’être précisées.

 

Plusieurs annon­ces faites par le Premier Ministre, jeudi 19 décem­bre, concer­nent direc­te­ment les agents publics.
Ainsi, Edouard Philippe pro­pose :

  • Une concertation sur l’ouverture de la retraite-progressive dans la fonction publique.
  • L’aménagement des fins de carrière, il cite en particulier l’hôpital.
  • Une concertation sur la "garantie des six derniers mois". Ce point est essentiel.
  • Des discussions sur l’âge d’équilibre, dit âge pivot.
  • Des discussions sur la rémunération des enseignants et des chercheurs qui permettront d’inscrire dans deux lois de programmation des trajectoires de revalorisation.
    Ces annonces complètent les discussions déjà prévues autour de la prise en compte des primes, de la pénibilité et des transitions.

L’UNSA Fonction Publique par­ti­ci­pera avec déter­mi­na­tion à toutes ces concer­ta­tions et pour­sui­vra ces exi­gen­ces pour chaque caté­go­rie d’agents des trois ver­sants de la fonc­tion publi­que.