Chères adhérentes, chers adhérents, chers collègues,
Tous les doutes sont dans la rature.
Il se peut que parmi vous, certains se souviennent d’Arthur Fonzarelli, alias Fonzie, le gars qui habitait au-dessus du garage des Cunningham. « ♫♪Monday, Tuesday, happydays… ♫♫ »… célèbre série des années 70/80. Mais je m’égare par association d’idées. Désolé pour celles et ceux à qui je viens de mettre en tête ce générique en boucle. C’est cadeau, en une semaine, généralement ça disparait. En fait, je voulais évoquer avec vous la fameuse loi du même nom, la « Loi de Cunningham ». C’est quoi encore ça ?
Sans doute, l’appliquez-vous sans même parfois vous en rendre compte. A l’heure des réseaux sociaux et des raccourcis faciles, cette loi est omniprésente, elle envahit tous nos espaces. Essayez une seule fois de poser une question basique et vous constaterez que vous obtiendrez peu de réponse. En revanche, déclamez une affirmation totalement fausse avec une assurance insolante, et vous aurez alors droit à une multitude de réponses et sans doute parmi elles, la bonne. Prenons un exemple simple (et local)… Si vous demandez la recette des crêpes bretonnes, il y a peu de chance que vous obteniez une réponse, le breton étant assez retors et peu enclin à livrer ainsi les secrets de fabrication. En ce cas-là, affirmez tout simplement : « Les meilleures crêpes bretonnes sont obtenues avec de l’eau minérale de Moselle et le fameux beurre doux de Corrèze ». Et là, c’est gagné ! Vous allez avoir droit à toutes les recettes possibles et imaginables !
En fait, cette « Loi de Cunningham », véritable stratégie contre intuitive, fonctionne à merveille, dès lors que vous faites appel à la nature humaine, non pas de donner une bonne réponse, générant un sentiment neutre et peu valorisant, mais de corriger une mauvaise réponse, qui fonctionne comme un aimant à experts. C’est de la dopamine qui agit en nous comme une envie irrésistible de rétablir la vérité que l’on sait, et surtout que l’autre ne sait pas et cela valorise ce sentiment d’utilité que chacun aime ressentir. Grâce aux algorithmes d’internet, vous entrerez peut-être dans la catégorie « Erudits ». Merci l’UNSA ! Indiscutablement, il est une évidence que l’erreur génère plus d’intelligence collective que la demande de vérité.
Rien de vraiment nouveau en fait, c’est juste l’application technophile de la vieille formule « Prêcher le faux pour savoir le vrai ».
Comme l’UNSA Défense ne recule devant aucun sacrifice pour ses lectrices et ces lecteurs, faites le test… avec modération. Ne publiez pas « Pourquoi le gouvernement n’augmente-t-il pas le point d’indice des agents publics ? »… dites plutôt « Le gouvernement n’a pas une tâche facile mais il fait ce qu’il peut pour augmenter le pouvoir d’achat de ses agents ». Vous me raconterez.
Laurent TINTIGNAC – Secrétaire général de l’UNSA-Défense